Le navire des cimes

Une dizaine d’années retrouvées. En vacances à la montagne. Comme à chaque fois, le lieu n’a pas de nom.

Nous venons de monter dans une cabine téléphérique jusqu’à un sommet où trône une auberge à la décoration rustique. Je m’éloigne un peu pour flâner et noter la petite librairie à droite de l’entrée où s’arrêtent les cabines puis le restaurant dans l’espace duquel joue un orchestre. Impossible de me rappeler la musique. Trop de bruit émanant des gens qui s’entassent.

C’est un spectacle incroyable qui me pousse à marcher dans un dôme au centre duquel se trouve une jolie île cultivée ; au-dessus, la voûte panoramique dévoile une partie de la coque d’aspect écrasant d’un navire juché sur les arbres. C’est l’attraction qui attire les touristes dans le lieu perdu : un bateau de guerre que l’on a suspendu sur un océan de pins.

Demain, à l’heure de l’ouverture des guichets, nous y allons. J’entends mon père réserver une chambre au comptoir. Ma mère m’entraîne vers le couloir mais nous passons difficilement à travers la foule. Quand à moi, je garde les yeux sur la coque monstrueuse jusqu’à ce que le plafond et l’ombre me barrent la vue.

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